Save the salt caravan project

Un projet pour sauver la dernière caravane de sel saharienne

En 1998, Alissa Descotes-Toyosaki (Sahara-Eliki) participe une première fois à la caravane de sel, un commerce millénaire qui relie le Sahara du Niger au Sahel. Ce voyage de 40 jours en totale immersion lui inspire un film, puis un projet, pour sauver la caravane de sel. 

Le contexte, vingt ans plus tot
J’ai acheté trois chameaux. C’était en 98 au Niger, à la saison des grands départs des caravanes de sel pour Bilma. Je voulais accomplir seule la traversée du Ténéré avec les touaregs. Mes documentations se limitaient à des articles dramatiques illustrés de belles photos qui parlaient de la ” “dernière caravane”, une utopie romantique sans rentabilité économique vouée à disparaitre, Mais durant ce premier voyage de 40 jours, j’ai compris que la caravane était bien plus que des hommes bleus et du désert. Parcourant 3000 km du Sahara jusqu’à Kano au Nigéria, la caravane était d’une envergure exceptionnelle. Assurant non seulement leur auto-suffisance mais celle des sauniers kanuris de Bilma et des nomades touaregs et peuls, les caravaniers perpétuaient une tradition d’échange avec les paysans haoussas. Quelques années plus tard, je suis revenue pour filmer le cycle caravanier complet, avec comme équipe un assistant touareg, trois chameaux et un panneau solaire. Accompli dans des conditions extrêmes, ce voyage de quatre mois retrace l’épopée ces hommes qui, à l’aube du troisième millénaire continuent de relier à chameau des terres et des hommes très éloignés mais complémentaires.

Le film n’a été achevé que douze ans plus tard, en janvier 2016. Cette histoire qui n’intéressait pas grand monde est finalement sorti à une époque charnière où notre humanité commence à se poser de vraies questions.

Quel était l’avenir d’un monde sans diversité? Où était le développement proné par les projets de coopération internationale, où était l’emploi promis par la scolarisation et la sédentarisation? Pourquoi remplacer systématiquement la technologie au savoir-faire traditionnel? Après avoir traversé plus de 3000 km à chameau, j’ai conclu que n’était pas la “dernière caravane”, mais une caravane du futur, un formidable espoir pour l’avenir. Le chameau continuait de prouver sa résistance au camion dans les conditions climatiques extrêmes du désert, le sel était toujours une denrée précieuse dans un pays au trois quarts désertique ou l’élevage pastoral nomade était l’activité de base et le mil ramené par les caravanes assurait l’autosuffisance de toute la communauté. Fiers de leur savoir-faire ancestral, les caravaniers étaient toujours soucieux de le transmettre à leurs fils. Douze ans plus tard, que sont devenus ces adolescents si plein de vie et de courage? Basho et Issufa avaient environ douze ans et c’etait leur premiere caravane, Mohamed, Suley et Kabi suivaient amoureusement les traces de leur grand-père, véritable encyclopédie, Tago qui a fugué pour aller en ville, Elias dont les cris cristallins animaient les nuits.

Les retrouvailles 

En septembre 2016, j’ai retrouvé les caravaniers de mon film. Ces retrouvailles après douze ans se sont déroulées autour de la projection du film qu’ils ont vu pour la première fois. Je leur avais promis de leur montrer et avais enregistré une narration tout en tamacheq. A la lueur de la lune, les gens ont afflué de tous les campements pour assister à cette projection en brousse. Ils n’avaient jamais vu de cinéma sur grand écran et certains caravaniers ont pleuré d’émotion car c’était eux les héros. Les femmes aussi ont découvert pour la première fois comment leurs hommes et leurs fils traversaient le désert, mangeaient en marchant, trockaient les légumes contre les dattes de Bilma et faisaient à manger eux-mêmes! Elles étaient fières et cachaient leur bouche sous leur voile en signe de pudeur. Les éclats de rire et les commentaires ont animé le film d’un nouveau souffle.

Le lendemain matin, les caravaniers se sont réunis et nous avons discuté du présent. Ils ont expliqué que leurs enfants étaient entrain d’arrêter la caravane.

Les pères continuent, mais plus les fils 
Les fils qui participaient jadis à la caravane tous les ans sont agés maintenant d’environ 25 ans et ont pratiquement tous arrêté ce travail il y a deux ou trois ans. Ils ont des besoins financiers qui n’existaient pas avant, par exemple le téléphone portable ou la moto qui coûtent à leur tour en forfaits, carburant et réparation. La caravane leur prend sept mois de travail par an et leur procure une auto-suffisance mais plus assez d’argent. Ils ont commencé à travailler dans les jardins mais ne sont pas non plus très satisfait à cause du manque d’autonomie. Les jardins ne leur appartiennent pas et ils sont beaucoup moins libres que dans la caravane. Finalement, ils ont dit qu’ils voudraient reprendre la caravane si les bénéfices leur permettaient d’avoir un salaire. Les pères ont acquiecé et demandé une aide financière pour acheter un stock de marchandises et des chameaux supplémentaires. Les pères continuent de faire la caravane mais semblent decouragés face au nouveau mode de vie de leurs enfants qui ne leur procure pas non plus de quoi vivre. L’Air est une région qui a toujours cumulé l’élevage , le commerce et le jardinage mais si tout le monde ne s’oriente que vers l’agriculture, que restera t-il de la traditions de leurs ancêtres?  C’est la question qu’ils ont posé et qui nous a touché profondément.

Vos dons serviront à encourager les caravaniers à partir en septembre 2017 

– achat de marchandises supplémentaires comme des oignons, tomates sechées, blé à Timia

– achat de produits manufacturés à Kano, pour revendre à Bilma

– achat de chameaux en plus pour la caravane

– rémunération pour un jeune caravanier qui souhaite continuer ce travail

Ces premières mesures d’urgence contribueront à la mise en place d’un micro-projet.

Faites vos dons sur notre page Generosity

Le micro-projet “Save the salt caravan”

L’association Sahara-Eliki, dirigée par Alissa Descotes-Toyosaki, a conçu un

un micro-projet (Save the salt caravan)  de redynamisation du commerce caravanier. Il s’appuie sur la demande d’un groupe de caravaniers et concerne 45 pères et fils. Son objectif est d’augmenter les bénéfices de la caravane de sel (achats de marchandises et chameaux supplémentaires) et développer à moyen-terme une activité génératrice de revenus pour encourager la jeune génération à continuer ce travail. En effet, la transmission de ce métier de père en fils est essentielle à sa survie.

Le budget total sur un an est estimé à 33 000 euros, incluant :

– Investissement de 11 000 euros dans la coopérative caravanière (environ 15 familles de caravaniers) qui va permettre l’achat de marchandises supplémentaires et la rémunération des jeunes. Ce prêt sera remboursé sur trois ans.

– Formation d’une fille de caravanier  pour la gestion de la coopérative caravanière. Les filles ne partent pas en caravane et peuvent donc mieux se scolariser et apprendre une formation

– Aménagement de périmètres maraîchers bio pour la caravane à l’aide de fumiers naturels et non chimiques comme c’est le cas actuellement

Notre demande de financement  ne sera prise en compte qu’en 2018.

Vos dons serviront à assurer le départ des caravaniers en septembre 2017 .  

Les images de ce départ seront filmés par Alissa et mises en ligne

La caravane de sel, un patrimoine de notre l’humanité

Sahara-Eliki a engagé des démarches en 2017 pour classer la caravane de sel sur la liste urgente du patrimoine immatériel de l’humanité. Nous espérons dans un an une aide financière de l’UNESCO pour assurer la perénnité de ce projet.

Dans ce Sahara, devenu zone rouge, le maintien des métiers traditionnels est non seulement vital pour la survie de la communauté mais aussi pour la paix. Le terrorisme se nourrit du chômage, de l’inegalité, et de la fracture sociale. Les touaregs du Niger ont encore la chance d’avoir conservé un patrimoine immatériel de leur culture et leur histoire. Aidons-les à le revaloriser pour que la caravane de sel soit reconnue comme un symbole de paix entre les peuples, les cultures et les religions.

L’association Sahara-Eliki 

Sahara-Eliki, né en 2006, a été inspiré de voyages en caravane de sel au Niger depuis 98. Créee par Alissa Descotes-Toyosaki, une journaliste franco-japonaise, l’association propose son expertise en élevage, commerce caravanier et problématique environnementale et initie des projets dans les zones nomades en difficulté. Son projet “Un chameau pour bosser” initié à Djanet en Algérie pour promouvoir le métier de chamelier a été largement médiatisé au Japon. L’association a aussi produit en 2016 un documentaire sur les caravaniers du sel pendant 3000 km de traversée jusqu’à Kano au Nigéria, intitulé “Caravan to the future”, réalisé par Alissa Descotes-Toyosaki. Depuis Février 2015, Sahara-Eliki soutient une association touarègue nigérienne qui se mobilise pour fermer une mine d’uranium chinoise. Leur projet préconise en outre la redynamisation des activités pastorales. L’association compte amorcer en septembre 2017 un projet de soutien à la caravane de sel dans la région de Timia au Niger.

 

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