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FAQ

Q & A

  • Comment le projet « un chameau pour bosser » est-il né? 

Il y a 10 ans, j’ai acheté 3 chameaux au Niger pour pouvoir participer à une caravane de sel. C’était un investissement qui me revenait moins cher que d’en louer. Quand je suis partie, je les ai offert à mon chamelier et chaque fois que je le revoyais il m’en parlait avec beaucoup de tendresse. Je ne le savais pas encore mais je lui avais fait le plus beau cadeau! Des années plus tard, à Djanet, j’ai rencontré un autre chamelier, Hamani. Il habitait une maison, avait le téléphone portable, c’était un touareg moderne mais il avait ce même attachement pour les chameaux. C'est lui qui a inspiré ce projet. Le Tassili N Ajjers qui encercle Djanet est d’une beauté à couper le souffle mais malheureusement, comme dans tout le sud algérien, le nomadisme a disparu car les éleveurs ont fui les sécheresses et se sont sédentarisés. L’élevage traditionnel a été remplacé par des activités de location de chameaux pendant la saison touristique et du chômage pendant les 6 mois restant. Je me suis dit qu’au Japon ou ailleurs, certaines personnes seraient amusées d’acheter un chameau et de suivre son évolution tout en contribuant au dynamisme économique et culturel d'une région désertique. En augmentant progressivement le cheptel camelin, on pourrait créer des emplois de chamelier et aussi encourager la reprise de l’élevage dans le Tassili N Ajjers. Cette idée concordait avec l'expérience de guide et chamelier de Hamani pendant la saison touristique pour organiser des voyages à chameaux dans l’esprit des caravanes. Tout ça est devenu le plan “un chameau pour bosser” quand nous avons crée l’association Sahara-Eliki en mars 06. En un an et demi, nous avons sensibilisé 12 propriétaires de chameaux ce qui est résultat très encourageant malgré les difficultés rencontrées.

  • Pourquoi la région de Djanet ?

Le Niger et le Mali sont des régions du Sahara encore nomades, mais le Tassili N Ajjers se meurt. Il n’y a plus de chameaux qui servent à l’élevage ni aux caravanes, les touaregs sont sedentarisés et ont tout le confort moderne , mais pas de travail régulier qui permet de payer les factures. Sahara-Eliki voudrait essayer de redynamiser l’élevage camelin tout en revalorisant le métier de chamelier.

  • Qu’en pensent vos amis touaregs?

Ils sont sceptiques! Mais je crois que c’est normal au début. Il n’y a jamais eu de projet similaire ni de projets tout court à Djanet, et les touaregs ont du mal à s’imaginer qu’ont puissent s’intéresser à des chameliers. Le travail de chamelier est un métier dur et mal payé qui n’est plus recherché, mais si on améliore les conditions de travail et assure un salaire régulier toute l’année, ce travail vaut mieux que le travail clandestin. Une chose est sûre c’est que les jeunes touaregs veulent la stabilité d’emploi et la sécurité sociale.

  • Existe-t-il un exemple de projet similaire ?

Pas à ma connaissance, mais beaucoup de gens me parlent de l’exemple de “ZOB” un plan épargne pour investir dans un zébu au Madagascar. Les fondateurs de ZOB sont des malins et ont su toucher le coeur des investisseurs les plus blasés!

  • Comment procède-t-on pour acheter un chameau?

En général, les personnes nous contactent via le site et demandent des renseignements. Selon leur budget, on leur propose un choix de 2 ou 3 chameaux disponibles à Djanet, avec des photos. Les futurs proprietaires peuvent ensuite payer par virement ou en ligne sur le site (page "dons en ligne)

  • Combien coûte un chameau?

Le prix des chameaux est variable selon le lieu et la période d’achat, le sexe de l’animal, sa race et son âge. Par exemple, un chameau acheté en période de sécheresse coutera moins cher car il sera plus maigre. De même, les chameaux viennent du Niger et du Mali donc ils sont plus chers à l’arrivée à Djanet. D’une manière générale, le prix d'un chameau mâle varie entre 400 ~ 800 € et une chamelle entre 300~450 €. Les chameaux de bât sont moins chers.

  • Pourquoi les chameaux sont-ils plus chers que les chamelles?

Les chamelles sont comme les femmes, elles ne portent pas les bagages! Les touaregs achètent une chamelle pour la reproduction du troupeau et en prennent grand soin. C’est un investissement sur le long terme (la période de gestation d’une chamelle est de 13 mois) tandis qu’un mâle peut être tout de suite rentabilisé par du travail de portage, comme c’est le cas pendant la saison touristique. De même, les chameaux de selle sont très demandés par les hommes et peuvent atteiendre des prix très élevés car ils symbolisent le prestige et le rang social de celui qui le monte.

  • Tout le monde peut-il devenir propriétaire d’un chameau?

Oui! Il n’y a pas de discrimination et on peut même être propriétaire de plusieurs chameaux. Les termes de l’achat sont clairs et tant que le propriétaire comprend qu’il s’agit d’un donation à l’association pour le développement local et non l’achat d’un chameau pour le ramener chez soi, tout va bien!

  • Qu’indique le terme de “basse saison” et pourquoi est-elle synonyme de chômage?

La basse saison est tributaire des vols directs sur Djanet et des températures!  Les compagnies Aigle Azur et Point Afrique qui desservent depuis 4 ans le Sud algérien à partir de la France arrêtent leurs liaisons à partir de fin avril jusqu’à fin octobre. C’est cette période qu’on appelle “basse saison” . Pendant ces 6 mois, la majorité de la population active est au chômage car il n’y a pas d’offres d’emplois à part les agences de voyage. Ceux qui possèdent un 4/4 s’en sortent en faisant des boulots de convoyage entre les différentes oasis mais un 4/4 coûte une fortune là-bas. Donc à part les chefs d’agence qui migrent en Europe, le reste fait du convoyage de clandestins, cigarettes, etc. jusqu’à ce qu’ils se fassent arrêter et aillent en prison.

  • Les bénéfices génerés par le chameau pendant la saison touristique peuvent garantir à eux seuls le salaire du chamelier et aussi les frais d’entretien du chameau?

Non, pas pour l’instant. Le premier obstacle étant la pluviométrie très irrégulière, voire inexistante comme en 2007. S’il n’y a pas de pâturages, il nous faut acheter de l’orge pour tout le troupeau et l’abreuver aussi. En été dernier, nous avons été sauvé par l’achat inextremis d’un 4/4 pour assurer tous les 3 jours le ravitaillement du troupeau. Mais à long terme, si nous avons suffisamment de participants pour nos circuits et arrivons à louer les chameaux pendant toute la saison touristique, nous éspérons devenir autonomes. C’est notre but.

  • De quelle manière le propriétaire participe-il aux frais d’entretien de son chameau?

Il verse une cotisation mensuelle de 25€ pour le fourrage et le salaire du chamelier et peut rajouter a sa guise des dons en orge, herbage etc. S'il vient faire un voyage en caravane sur le dos de son chameau, on a des tarifs préferentiels.

  • Si le propriétaire décide de ne plus cotiser que se passe-t-il?

C’est très simple. Il abandonne les droits sur son chameau et nous lui trouvons un autre propriétaire. Il n’y a pas d’obligation dans le temps. Le propriétaire est avant tout un donateur avec qui nous créons une relation de confiance. S’il en a marre ou s’il a des difficultés financières, c’est son choix d’arrêter. Nous pouvons aussi décider de notre côté de baisser la cotisation si l’année a été pluvieuse et qu’il y a suffisamment de pâturages. Tout change dans le désert et il faut savoir improviser pour s’adapter le mieux possible.  

  • Que fait-on si le chameau tombe malade ou meurt?

Les chameaux sont généralement soignés avec des plantes mais nous sommes entrain de chercher des véterinaires. Dans tous les cas, les frais incombent à l’association. Dans le cas de decès, Sahara-Eliki rachète un autre chameau pour le propriétaire, c’est un dédommagement moral.

  • Qu’est-ce-que le “Eliki news” ?

Ce sont des nouvelles des chameaux que nous envoyons par mail aux propriétaires environ 3 fois par an. Il y a des récits, des photos et des vidéos qui parlent du chameau et du chamelier qui s’en occupe. L’ensemble du Eliki news est publié sur le site internet. Il est important de sensibiliser le propriétaire à la vie dans le désert, et aux problèmes que rencontrent les populations. Le chameau n’est pas un but en soi, c’est un moyen car il symbolise toute une part de la culture touarègue.

  • Les chameaux vendus ont environ quel âge?

Nous vendons des chameaux adultes, c’est-à-dire de 12 à 15 ans. Pour determiner l’âge d’un chameau, il faut regarder sa dentition et le nombre de molaires. Quand le chameau vieillit, il perd ses dents et meurt.

  • Combien de temps vit un chameau?

Un chameau peut vivre jusqu’à 33 ans, selon l’adage touareg! Mais pour cela, il faut qu’il ait une alimentation suivie, régulière et que sa bosse ne s’applatisse jamais. Avec les aléas climatiques, ces conditions sont difficilement remplies. On peut dire qu’un chameau peut actuellement vivre une vingtaine d’années.

  • Le propriétaire peut donner n’importe quel nom à son chameau?

Oui. On demande seulement à ce que le nom soit le plus prononçable possible! Une fois que le nom est determiné, nous faisons confectionner par un forgeron une gourmette en cuivre au nom du chameau qui la porte à son cou. Le nom est écrit en alphabet tifinagh, et en japonais ou en latin. Comme ça, tout le monde peut facilement l’identifier, ce qui n’est pas toujours évident quand on cherche son chameau blanc parmi 5 autres chameaux blancs également… il n’y a que les touaregs qui font la différence…

  • Que veut dire Eliki?

Eliki est le nom tamacheq pour designer un coussinet qu’on met autour de la bosse du chameau pour le protéger avant de le charger. Par extension, Eliki veut dire “monter à chameau sans selle” comme le font les caravaniers du sel au Niger. C’est beaucoup moins élégant que sur une selle, mais bien plus pratique sur les longues traversées où on n’arrête jamais la caravane pour monter à chameau. Il faut l’enjamber debout! Cela fait partie des traditions caravanières..